Ultras, les autres protagonistes du football
L’ouvrage de Sébastien Louis, édité par Mare et Martin
Ultras : the book published by Mare et Martin, available in french.

Sébastien Louis showcases his book among a conference on italian Ultras story, supported by a slideshow presenting archive pictures and photographs from his personal archive. The list of past and coming events is up to date on the Facebook official page.

Cet ouvrage aborde un objet inédit en France sur le plan historiographique, celui des supporters-ultras, à travers une chronologie qui prend bien la mesure des temporalités du mouvement, de sa relation au politique, de son insertion dans l’histoire générale du football mais aussi dans celle de l’Italie. L’étude de ces supporters radicaux est étroitement liée à l’histoire de l’Italie contemporaine mais aussi à celle de la jeunesse occidentale, de la contestation de 1968 au triomphe de la société de consommation des années 1980, à l’allongement du temps de la jeunesse. En sept chapitres l’auteur revient sur la formation des premiers groupes de supporters dès 1928 avant de voir apparaître, dans les années 1960 et 1970, des bandes de jeunes tifosi aux noms singuliers : Commando dei Fedelissimi, Commando Clan, Fossa dei Leoni et Gli Ultras di San Alberto. Une nouvelle manière d’envisager le supportérisme émerge, elle se propagera dans toute l’Italie jusqu’à nos jours. Pour compléter cet ouvrage, 70 pages d’entretien avec les protagonistes étatiques (un policier de la Digos de Naples, un juge anti-mafia, l’avocat G. Adami, le responsable du Progetto Ultrà) et des groupes ultras (Ultras Savoia, ANR Catania, Curva Furlan Triestina, Brescia 1911) ainsi qu’un cahier de photos couleurs.

Derrière les 440 pages de l’ouvrage il y a plus de trois ans de travail d’écriture et seize ans de recherches sur le terrain. Je ne compte plus les allers-retours en Italie pour aller aux archives, à la rencontre de témoins, pour discuter avec les vétérans du monde ultras et, enfin, pour assister à d’innombrables matchs. J’ai hâte de lire vos commentaires, car c’est un travail colossal que j’ai eu du plaisir à faire mais qui m’a demandé de nombreux sacrifices.
Je tiens ce matin à revenir sur un dernier point qui me tient à coeur : le #prix du #livre. Pour ma part c’est le point faible de cet ouvrage, car il est trop élevé. Cela s’explique par le fait qu’il s’agit d’une publication universitaire et ce type d’ouvrage coûte plus cher que la moyenne des livres à cause du faible tirage des maisons d’éditions.

Il faut savoir, qu’en tant qu’auteur, je toucherai 8% du prix du livre hors taxe, c’est à dire: 3,2€ (sur 42€). Comme l’analyse une libraire: « Pour un livre vendu 20 €, l’auteur-e gagne en moyenne 1 €. L’impression coûte 2 €. La maison d’édition prend environ 6 €. La diffusion et la distribution prennent au total 4 €. Et enfin, la librairie 7 €. En moyenne, sur le prix d’un livre, 30% reviennent à la librairie. En réalité ce sont de petites marges, parmi les plus basses dans le monde du commerce. Un magasin de fringues prend environ 50% de marges ».
Pour comprendre le circuit économique d’un livre, lisez cette interview.

Et je vous invite chaleureusement à acheter dans une librairie physique, de centre-ville ou de périphérie, pour que ces magasins puissent vivre, à l’inverse des sites en ligne car acheter sur Internet, c’est faire une croix sur les commerces de proximité, c’est cautionner des emplois précaires, c’est leur laisser le monopole, c’est prévoir à terme la disparition de la diversité culturelle! Merci!

Sébastien Louis

Photos : © Giovanni Ambrosio/Offside Productions

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